L'air de l'automne, un temps pour la respiration

Respirer la saison 

Lumière d'automne dans les sous bois
L'automne est une saison où l'on sent la fraicheur qui revient et nous amène vers l’hiver. Les énergies vont vers l'intérieur tout comme la sève des plantes qui retourne dans les racines ou encore comme les animaux qui se préparent pour l'hibernation en faisant leurs réserves. Comme dans la nature, l'humain est aussi influencé par ces mouvements naturels. 

En automne, la nature dispense une multitude de parfums propres à développer notre sens olfactif, à nourrir l’énergie de nos poumons et ainsi notre corps entier. A la maison, c'est le moment propice de varier les épices et les produits en cuisinant, de brûler des encens de bonne qualité, ou encore de profiter des senteurs d'un feu de cheminée, les odeurs nourrissent le corps et l’âme. A l'extérieur c'est le moment d'aller flâner, de préférence dans la nature, la marche favorisant la respiration, attentif aux parfums de l'humus se mêlant aux craquements secs des feuilles jaunies. 

Pour favoriser le passage de l’air, il convient en premier lieu de redresser le corps, le rendre tendre, puis chercher à équilibrer les temps de l’inspir et de l’expir. Les épaules décontractées, regardez où vous marchez, soyez curieux, déplacez la tête avec votre regard. Votre nuque est alors détendue et souple, permettant des échanges harmonieux entre poumons et cerveau, et en l'occurrence poumons et système visuel. L’œil est l’un des organes qui consomme le plus d’oxygène. Et un œil qui respire bien est un œil qui voit bien ! 

Une autre manière de respirer est de "chanter les mots" en lisant à voix haute un poème...de circonstances !

©Reproduction interdite

Roses d’automne
Aux branches que l’air rouille et que le gel mordore,
Comme par un prodige inouï du soleil,
Avec plus de langueur et plus de charme encore,
Les roses du parterre ouvrent leur coeur vermeil.

Dans sa corbeille d’or, août cueillit les dernières :
Les pétales de pourpre ont jonché le gazon.
Mais voici que, soudain, les touffes printanières
Embaument les matins de l’arrière-saison.

Les bosquets sont ravis, le ciel même s’étonne
De voir, sur le rosier qui ne veut pas mourir,
Malgré le vent, la pluie et le givre d’automne,
Les boutons, tout gonflés d’un sang rouge, fleurir.

En ces fleurs que le soir mélancolique étale,
C’est l’âme des printemps fanés qui, pour un jour,
Remonte, et de corolle en corolle s’exhale,
Comme soupirs de rêve et sourires d’amour.

Tardives floraisons du jardin qui décline,
Vous avez la douceur exquise et le parfum
Des anciens souvenirs, si doux, malgré l’épine
De l’illusion morte et du bonheur défunt.

Nérée Beauchemin