De l'or dans les yeux

L’or, un allié précieux pour la santé visuelle

Marins et pirates ont longtemps cru que porter une boucle d’oreille en or améliorait ou protégeait la vue, fragilisée par l’exposition au soleil et aux intempéries en mer. Les matelots ("hommes du mât") ou encore les "vigies"  attribuaient à l'anneau d'or le pouvoir d’optimiser la vision, notamment nocturne. Ce qui représentait l’avantage de déceler les écueils, les récifs et les bâtiments ennemis. Actuellement, les marins s'appuient sur les radars pour s'orienter, et si parmi eux certains portent à l'oreille un anneau d'or c'est sans doute en signe d'admiration pour Jack Sparow..
De nos jours, l'or joue un rôle de plus en plus important dans un domaine inattendu : l’ophtalmologie. Grâce à ses propriétés biologiques et physiques uniques, l’or ouvre de nouvelles perspectives pour traiter certaines maladies de l’œil, améliorer l’efficacité des médicaments et, plus récemment, tenter de restaurer la vision.

Pourquoi l’or est-il si intéressant pour l’œil ?
L’or est bio-inerte, c’est à dire qu’il est très bien toléré par l’organisme. Il provoque peu de réactions inflammatoires et peut être utilisé en quantités infimes. À l’échelle nanométrique, il devient particulièrement polyvalent : il peut interagir avec la lumière, la chaleur ou des molécules thérapeutiques de façon extrêmement précise [1,6].

Un rôle clé dans le traitement du cancer de l’œil
L’or est déjà utilisé en pratique clinique pour traiter le mélanome uvéal, un cancer rare de l’œil. Dans des centres spécialisés, comme les Cliniques universitaires Saint Luc, en Belgique, les médecins utilisent la brachythérapie ophtalmique. 
Cette technique consiste à placer temporairement une petite plaque en or contenant des éléments radioactifs directement contre la paroi de l’œil, au niveau de la tumeur. L’or agit comme un écran protecteur : il concentre l’irradiation sur la tumeur tout en préservant les tissus sains environnants, notamment le nerf optique et le cerveau [3–5]. Cette approche très ciblée permet d’obtenir un contrôle tumoral dans plus de 95 % des cas.

Des nanoparticules d’or pour des traitements plus efficaces
Les traitements ophtalmiques sous forme de gouttes sont souvent peu efficaces. L’œil se protège naturellement par les larmes et le clignement des paupières, si bien que moins de 1 % du médicament atteint réellement sa cible [6].
Pour surmonter cette limite, des chercheurs ont développé des nanoparticules d’or capables d’améliorer l’adhérence des médicaments à la surface de l’œil et de faciliter leur pénétration dans les tissus oculaires. Cette approche pourrait permettre d’augmenter l’efficacité des traitements tout en réduisant les doses nécessaires et les effets secondaires [6].

Restaurer la vision : une avancée prometteuse
En 2025, une équipe de l’Université Brown, aux Etats Unis, a franchi une étape majeure en démontrant que des nanoparticules d’or injectées dans la rétine pouvaient restaurer partiellement la vision chez des souris atteintes de dégénérescence maculaire ou de rétinite pigmentaire [1,2].
Stimulées par un laser infrarouge, ces nanoparticules produisent une très légère chaleur qui active les cellules rétiniennes encore fonctionnelles, contournant ainsi les photorécepteurs détruits. Les chercheurs ont observé une activation du cortex visuel, sans toxicité ni inflammation notable, et une stabilité des nanoparticules sur plusieurs mois [1,2].
À terme, cette technologie pourrait déboucher sur une prothèse visuelle non invasive, combinant une injection de nanoparticules et des lunettes équipées d’un laser et d’une caméra.

Un matériau ancien pour la médecine de demain
Qu’il s’agisse de lutter contre un cancer, d’améliorer l’efficacité des traitements ou de redonner une perception visuelle à des patients atteints de maladies dégénératives, l’or s’impose comme un outil clé de l’ophtalmologie moderne. Ces avancées illustrent comment un matériau millénaire peut devenir l’un des piliers de la médecine du futur.

Corinne Maréchal, réflexologue 

Sources et références 
1. Brown University. Golden eyes: How gold nanoparticles could help restore vision. ScienceDaily. 2025 Apr 16.
2. Nie J, Eom K, AlGhosain HM, Neifert A, Cherian A, Gerbaka GM, Ma KY, Liu T, Lee J. Intravitreal injectable plasmonic nanorods activate bipolar cells via structured near-infrared laser projection. ACS Nano. 2025;19(12):11823. doi:10.1021/acsnano.4c14061.
3. Cliniques universitaires Saint-Luc – Institut Roi Albert II. Mélanome de l’œil : de l’or dans les yeux. 2024 Nov 28.
4. Damato B, et al. Uveal melanoma. The Lancet Oncology.
5. National Cancer Institute. Uveal melanoma treatment (PDQ®).
6. Université Laval. De l’or dans les yeux. Nouvelles ULaval. 2018 Jun 14.
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Au cœur de l’hiver, lorsque le temps semble retenu dans son souffle, une déesse romaine impose le silence : Angerona. À l’origine, elle est celle qui guérit la douleur et la tristesse, présidant aux passages difficiles. Figure du seuil et de la renaissance solaire, elle était célébrée au jour du solstice d’hiver. Angerona nous rappelle que toute lumière nouvelle naît d’un retrait, d’une nuit, d’un silence. Pline la décrit portant un bandeau scellé sur la bouche, tandis que Macrobe la représente l’index de la main gauche posé sur les lèvres. Elle n’impose pas un simple silence : elle ouvre un espace de retrait, un vide où le cours ordinaire du temps se suspend. Ce silence n’est ni passivité, ni oubli, mais concentration des forces. Il renvoie à la nuit matricielle d’où surgira le nouveau soleil, à l’image de l’enfant encore fragile, porteur de toutes les promesses à venir. Angerona est la gardienne de cette traversée invisible, celle qui exige l’épreuve du silence avant toute naissance, toute renaissance. Mais son bâillon révèle une dimension peut être encore plus radicale. À l’heure la plus sombre de l’année, le verbe ancien perd son autorité. Les dieux fatigués, garants d’un ordre arrivé à son terme, sont réduits au silence. Ce mutisme devient alors un acte de libération : il invite à rompre avec les récits épuisés, à se dépouiller des lois devenues stériles. Comment rapprocher la portée symbolique de ce moment de notre présent avec l’équilibre de notre vision de nous même et du monde ? Peut-être en profitant du calme imposé par la saison pour faire silence à notre tour. S'interroger sur l’essence de nos valeurs, de nos choix, de tout ce qui nourrit nos espoirs pour demain. Dans une actualité agitée et déstabilisante, cette "vacuité responsable" pourrait elle ouvrir la voie à une vision plus claire du chemin à venir ? Corinne Maréchal, réflexologue Sources : https://fr.wikipedia.org/wiki/Angerona_(mythologie) https://institut-iliade.com/une-deesse-du-solstice-dhiver-angerona/ Symbolisme du Solstice d’Hiver, mythologies, symboles et rites, Philippe Costa, The Book Edition, octobre 2022
par Corinne Marechal 2 février 2026
L’hiver est une saison clé pour l’organisme. En Médecine Traditionnelle Chinoise, elle correspond à une période de ralentissement, de recentrage et de régénération profonde. C’est aussi le moment où l’énergie des Reins, considérée comme la réserve vitale du corps, est la plus sollicitée et mérite une attention particulière. Les reins ne sont pas seulement impliqués dans l’élimination des déchets. Ils jouent un rôle fondamental dans la régulation de la pression artérielle et de l’équilibre hydrique. Lorsque leur fonctionnement est fragilisé, la tension peut devenir trop élevée ou trop basse, perturbant la circulation sanguine. Or, une circulation déséquilibrée affecte directement les petits vaisseaux, notamment ceux qui irriguent la rétine, avec un impact potentiel sur la santé visuelle. En hiver, préserver l’énergie rénale, autrement dit ses forces vitales, passe par des gestes simples, doux et réguliers. L’alimentation constitue un premier pilier : les plats chauds, soupes, bouillons et préparations mijotées réchauffent l’organisme, soutiennent la digestion et évitent de puiser inutilement dans les réserves énergétiques. Les boissons chaudes et les tisanes à base de plantes reminéralisantes, contribuent également à renforcer le terrain plutôt qu’à l’épuiser. Le repos est un autre élément essentiel. Se coucher plus tôt, respecter le rythme naturel de la saison et ralentir le quotidien favorisent la recharge de l’énergie des Reins. Enfin, les mouvements doux, pratiqués avec régularité et conscience, soutiennent cette énergie sans la disperser et participent à une meilleure circulation globale. Prendre soin de ses reins en hiver revient ainsi à soutenir l’équilibre interne du corps, la qualité de la circulation sanguine et, par extension, la santé des yeux. L'intérêt de cette approche préventive est qu'au delà d'être source de bien être, elle permet d’aborder le reste de l’année avec plus de stabilité et de vitalité. Corinne Maréchal, réflexologue
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