Ce n'est pas le moment d'avoir froid aux yeux!

Voilà venu l’hiver: ce n’est pas le moment d’avoir froid aux yeux ! 

Voici l’hiver, associé souvent à tort à une « saison morte ». En surface, la nature prend une pause salutaire, alors qu'en sous-sol, son activité continue sans répit. Voilà qui donne matière et occasion à méditer sur cette part « invisible » de ce qui est à l’œuvre et qui permet la vie.

Et si la nature s'accorde une pause en hiver, c'est avant tout pour se régénérer.  La faune et la flore adoptent des stratégies d’autoprotection dans leur façon de vivre l’hiver. Celles-ci se traduisent principalement en la réduction des activités et l’intégration dans un cycle semi-léthargique. Et, pour certaines espèces animales, la migration vers des milieux plus chauds.

Pour nous également, l’idéal est de saisir ce moment pour nous adapter et donc de nous reposer, de ralentir le rythme, de prendre du temps pour soi, pour réfléchir et se recentrer, de restaurer nos forces pour amorcer un nouveau cycle.

Ces forces, en énergétique chinoise, sont thésaurisées dans nos reins. Ces reins si précieux pour l’organisme comme pour notre équilibre psychique sont associés à l’élément Eau.
Aussi, il est important d’avoir « les reins solides » pour qu’ils soient à même de permettre notre vigueur physique, mais aussi notre force mentale. Ils sont coiffés par les glandes surrénales qui nous aident précisément à nous adapter au stress. Ils sont le siège de la volonté et du courage qui donnent naissance à la détermination. Cela suppose un ancrage, un enracinement. Et nos deux reins s’appuient pour cela en écho sur la stabilité de nos deux pieds qui tout comme eux ont la forme de germes.

Notre motivation est habituellement produite soit par la volonté, soit par la peur, émotion de l’élément Eau. La peur est une puissante source de motivation. Cela peut être la peur de perdre quelque chose ou la crainte que quelque chose de grave se passe. Nous sommes poussés à être conscients de ces choses et nous voulons les éviter. Par exemple, les gens souscrivent des assurances pour se préparer à une catastrophe qui pourrait arriver. La peur nous motive à mettre en place des stratégies de survie. Mais en étant aussi à l’origine de stress qui peuvent être répétés, devenir chroniques, et de grande ampleur, elle a alors une incidence non négligeable sur notre organisme et notre psychisme, ainsi que sur la qualité de notre vue.

Pascal Barbey, optométriste, conférencier et auteur de nombreux ouvrages, a eu la gentillesse de préfacer mon livre "ABC de la Réflexologie oculaire" édité en 2008 chez Grancher. Il affirme, à l’instar des enseignants de la méthode du Dr Bates, que les troubles de la vision seraient le reflet de nos émotions. « Les yeux sont particulièrement réactifs aux émotions et tensions liées au stress. Celles-ci agissent sur les tissus conjonctifs qui créent en réponse des micro-contractions. Si un stress dure plus de six mois, des tensions s’installent. A la longue, des changements se manifestent jusque dans les globes oculaires et les tissus qui les entourent. Leur forme se modifie, ce qui impacte la vision à moyen ou à long terme : perte d’acuité visuelle, déformation de la vision, symptômes locaux (irritations, allergies…). » (« Elle » du 05/12/2014) 

Plus précisément, dans son livre « Les yeux messagers de nos émotions » Pascal Barbey évoque la cataracte en lien avec « la peur de vieillir et la peur de mourir ».
« On accepte facilement que des chocs émotionnels puissent favoriser le développement de maux de tête, de problèmes intestinaux, de maux de dos, d’ulcères d’estomacs, d’infarctus… Mais on n’a pas conscience que le même processus existe aussi pour le développement de la cataracte. (…) On rencontre aussi souvent, à l’origine de la cataracte un faisceau de peurs plus ou moins larvées : d’être abandonné, de vieillir, de mourir… Il n‘est pas rare que la maladie fasse suite à un deuil ayant déclenché une peur de l’avenir. Il est vrai que dans notre société, la mort a été évincée, cachée. Aujourd’hui, les personnes âgées et les malades meurent à l’hôpital plus souvent qu’à la maison. Les peurs qui se réveillent alors dans l’entourage sont d’autant plus puissantes qu’elles sont alimentées par le fantasme d’une disparition devenue invisible. Lorsque j’aborde ce sujet avec mes patients, ils évoquent spontanément la peur de souffrir et de vieillir. A mon sens, ce n’est qu’une manière de masquer la véritable peur cachée qui, selon Freud, nourrit toutes les autres : la peur de mourir. Car l’escamotage de la mort dans notre société rend plus difficile encore la prise de conscience de notre propre fin, à la fois inéluctable et imprévisible. »

Alors, en ces temps incertains, soyons plus que jamais conscients de nos peurs, et relativisons-les en vivant dans le présent.

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